Pour débuter, choisissez un kit tout inclus qui réunit les deux sels de fer, du papier qui tient le rinçage et une notice ; si vous avez déjà votre papier, la chimie seule suffit. Deux kits cyanotype affichés au même prix peuvent n'avoir presque rien en commun. L'un livre la chimie, le papier et une notice détaillée, l'autre deux flacons et rien d'autre. Pour bien choisir, il faut comparer ce que contient vraiment chaque boîte et la forme sous laquelle arrivent les réactifs.
Cette page passe en revue les critères qui comptent quand on compare des kits, pour vous éviter l'achat qui dort dans un placard.
Kit tout inclus ou chimie seule
Deux grandes familles de kits se distinguent par ce qu'elles fournissent et par la part de préparation qui vous revient.
| Type de kit | Ce qu'il contient | Préparation | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Kit tout inclus | Les deux sels de fer, le papier, le petit matériel et une notice | On mélange les deux sels à parts égales et on enduit soi-même le papier | Tirer son premier cyanotype sans chercher chaque élément |
| Chimie seule | Les deux sels de fer, sans papier ni accessoires | La même, sur son propre papier aquarelle, sur du tissu ou un autre support | Le pratiquant qui sait déjà quel support il veut sensibiliser |
Sans aucun kit, on peut aussi acheter les deux sels en vrac chez un fournisseur de produits chimiques, les peser et les dissoudre soi-même en suivant la recette du cyanotype. Cette voie n'est pas forcément moins chère pour un premier essai, car les réactifs se vendent souvent en conditionnements de laboratoire et le papier s'achète à part, parfois avec plusieurs frais de port.
Ce qu'un kit cyanotype contient vraiment
Le mot kit recouvre des réalités différentes, et la première chose à vérifier est le contenu réel de la boîte, avant même le prix. Un cyanotype repose sur deux sels de fer, le citrate d'ammonium ferrique et le ferricyanure de potassium, que l'on mélange à parts égales pour obtenir la solution sensible à la lumière.
Ces deux réactifs sont le cœur de tout kit, le reste s'organise autour d'eux. Le ferricyanure est peu toxique aux doses du procédé, mais peut libérer du cyanure au contact d'un acide ou sous les UV en solution.
Au-delà des deux sels, un kit peut inclure ou non le papier, des pipettes pour doser, des gants et une notice qui explique le geste.
Un produit annoncé comme complet et qui ne fournit que la chimie vous laisse à mi-chemin, car il faudra trouver à part un papier qui tienne le rinçage. L'erreur la plus fréquente est de comparer deux kits sur leur seul tarif sans aligner ce qu'ils contiennent réellement.

Le contenu du kit cyanotype Sténoflex, photographié à plat. Banque photographique Sténoflex.
Prêt à l'emploi ou poudre à doser
Deuxième grande ligne de partage, la forme sous laquelle arrivent les réactifs. Certains kits livrent des solutions déjà liquides, prêtes à étaler dès l'ouverture, d'autres livrent les sels en poudre que l'on dissout soi-même avant usage. Ce détail compte plus qu'on ne l'imagine.
La solution prête à l'emploi fait gagner les premières minutes et rassure le débutant qui craint de rater le mélange, mais une fois préparée elle vieillit, là où une poudre restée au sec se conserve plus longtemps et laisse préparer juste la quantité utile, sans même peser quand le flacon est calibré pour un volume donné.
Pour qui compte pratiquer sur la durée, la poudre à reconstituer est souvent le choix le plus économe et le plus souple, tandis que pour un essai unique la solution déjà liquide a sa logique. Tout dépend du rythme auquel vous tirerez.
Les papiers solaires Sunprint constituent un autre format : la feuille est déjà sensibilisée, ce qui supprime l’étape d’enduction.
La quantité de chimie et de papier
Un kit se juge aussi à ce qu'il permet de produire, point que les présentations passent volontiers sous silence. La quantité de solution détermine la surface que vous pourrez sensibiliser, et les deux flacons de 15 ml du kit Sténoflex couvrent largement les 10 feuilles fournies, selon l'absorption du papier.
Le nombre de feuilles compte autant, car un kit qui livre la chimie mais deux ou trois papiers seulement vous laisse à court dès les premiers essais, et l'apprentissage du cyanotype passe par des ratés.
Une dizaine de feuilles donne la marge pour comprendre le virage, ajuster l'insolation au soleil et tenir jusqu'au premier beau tirage. Pensez enfin au réassort, un kit dont on peut racheter la chimie ou le papier accompagne longtemps, là où une boîte fermée s'arrête une fois vide.
La notice et la sécurité du kit
Trois critères discrets pèsent à l'usage. L'origine de fabrication renseigne sur la fraîcheur des réactifs et la facilité du réassort, une chimie conditionnée près de chez soi voyageant moins et se rachetant plus simplement. C'est moins un argument de fierté qu'une question de disponibilité dans le temps.
La notice est le critère le plus négligé et l'un des plus utiles, car le cyanotype tient à quelques gestes précis, l'enduction, le séchage à l'abri de la lumière, le repère du virage et le rinçage. Une notice claire fait la différence entre un premier essai réussi et une déception faute d'avoir compris une étape, et le rinçage du cyanotype en est un bon exemple.
Gants, ventilation et jamais d'acide
Reste la sécurité. Les deux sels de fer se manipulent avec précaution, gants, ventilation et bon sens de ne pas les ingérer, mais il faut corriger un mythe tenace, le ferricyanure de potassium est peu toxique aux doses du procédé, mais peut libérer du cyanure au contact d'un acide ou sous les UV en solution, et le bleu de Prusse formé est un pigment si stable qu'il sert même en médecine. Un bon kit accompagne ses réactifs d'indications honnêtes, ni alarmistes ni muettes, et la page sur le danger et la sécurité du cyanotype fait le point sans dramatiser.
Le kit tout inclus pensé pour débuter
La deuxième option réunit dans une seule boîte la chimie, le papier et le petit matériel, avec une notice qui guide pas à pas. C'est la voie la plus directe pour qui veut tirer son premier cyanotype sans transformer la préparation en projet de chimie.
Le kit cyanotype Stenoflex appartient à cette famille, et voici loyalement ce qu'il contient, un flacon de ferricyanure de potassium, un flacon de citrate d'ammonium ferrique, dix feuilles de papier aquarelle, deux pipettes de dosage et une notice. L'ensemble est fabriqué en France.
Un kit pensé pour l'initiation
Ce kit est pensé pour l'initiation, il réunit de quoi comprendre le procédé, se tromper sur quelques feuilles et réussir ses premiers tirages au soleil, sans chambre noire. Ce n'est pas le seul bon choix.
Un pratiquant qui produit en grande série y trouvera ses limites de volume, et celui qui possède déjà son papier favori paiera des feuilles dont il n'a pas l'usage. Son terrain, c'est la découverte, le moment où l'on veut un point d'entrée fiable.
Quand la chimie seule suffit
La troisième voie tient le milieu, on achète seulement les deux sels de fer, sans papier ni accessoires, parce qu'on a déjà de quoi travailler. Elle s'adresse à qui a passé le cap de la découverte et sait quel support il veut sensibiliser.
C'est l'option naturelle pour le pratiquant qui tire sur son propre papier aquarelle, sur du tissu ou sur l'un des autres supports du cyanotype, et qui veut renouveler sa chimie sans repayer un papier qu'il n'utilisera pas. Elle évite le gaspillage et revient au plus juste sur la durée. Son seul prérequis est de savoir choisir un support adapté, ce qui devient une seconde nature une fois quelques tirages réussis.
Comparer deux kits en pratique
Pour comparer deux kits, on les aligne critère par critère plutôt que sur leur seul tarif. Les deux sels de fer sont-ils fournis, et pour quel volume de solution ? Le papier est-il inclus, et combien de feuilles ? La chimie arrive-t-elle liquide ou en poudre ? La notice explique-t-elle l'enduction, le virage et le rinçage ? Peut-on racheter la chimie ou le papier séparément ?
Si vous découvrez le cyanotype, un kit tout inclus avec chimie, papier et notice vous fait gagner du temps, et c'est l'usage pour lequel le kit Stenoflex a été conçu. Reste alors à savoir où acheter un kit cyanotype.
Si vous savez déjà quel papier vous aimez, la chimie seule évite d'accumuler des feuilles inutiles, et la liste complète du matériel cyanotype récapitule ce qu'il faut réunir à côté. Le bon kit est celui qui correspond à votre niveau et à ce que vous allez vraiment tirer, quel que soit son prix.
Eric Marais — Photographe, auteur de deux ouvrages sur le sténopé (éditions Pearson) et créateur du Sténoflex. Il anime depuis l'origine des ateliers d'initiation à la photographie alternative, du sténopé au cyanotype.


