Le cyanotype demande deux produits chimiques, le citrate d'ammonium ferrique et le ferricyanure de potassium, à dissoudre dans de l'eau distillée, plus deux flacons opaques, un pinceau sans virole métallique et deux pipettes. Le cyanotype repose sur une chimie d'une sobriété remarquable.
Deux sels de fer suffisent à former l'image, et tout le reste tient dans quelques consommables que l'on trouve facilement. Avant de parler dosage et mélange, il est utile de dresser l'inventaire complet de ce qu'il faut réunir et de savoir où se le procurer, car la qualité des réactifs et de l'eau pèse autant que la précision du geste.
Cette page se concentre sur la liste des produits et leur achat. La manière de les combiner, les proportions et la dilution viennent avec la recette, qui prend le relais une fois le matériel rassemblé. Le guide complet du cyanotype en pose les bases.
Les deux sels de fer indispensables
Au cœur du procédé, deux poudres et deux seulement. Le citrate d'ammonium ferrique, une poudre d'un vert-brun qui apporte le fer photosensible, et le ferricyanure de potassium, des cristaux d'un rouge orangé qui réagiront avec ce fer pour donner le bleu. Séparées et tenues à l'abri de la lumière, ces deux substances se conservent longtemps. Attention à ne pas confondre le ferricyanure avec le ferrocyanure de potassium, un sel jaune qui ne donne pas de cyanotype.
C'est leur rencontre, sous les ultraviolets, qui forme le bleu de Prusse insoluble. Le ferricyanure de potassium est peu toxique aux doses du procédé, mais il peut libérer du cyanure au contact d'un acide ou sous les UV en solution : on ne l'acidifie donc jamais.
On trouve ces sels sous deux formes. La poudre est la plus économique et la plus stable au stockage, mais elle demande de préparer soi-même les solutions en pesant ou en diluant dans l'eau.
La solution déjà mélangée, vendue prête à enduire, fait gagner cette étape au prix d'une conservation plus courte une fois les deux composants réunis. Pour qui pratique souvent, la poudre à diluer offre un bon compromis entre coût, durée de vie et contrôle du résultat.
Des quantités modestes
Les quantités utiles sont modestes. Quelques dizaines de grammes de chaque sel permettent déjà de préparer un demi-litre de chaque solution, soit de quoi sensibiliser un grand nombre de feuilles. Inutile de voir grand au début, ces réactifs durent et un petit conditionnement couvre largement les premiers essais.

Les deux réactifs du cyanotype, sur une photographie de la banque Sténoflex. Recadrage de l’image originale ; étiquettes photographiées inchangées.
Pourquoi utiliser de l'eau distillée
L'eau sert à deux moments, pour diluer les poudres et pour rincer le tirage. Pour la dilution, mieux vaut une eau distillée ou déminéralisée plutôt que l'eau du robinet, car le calcaire et les ions métalliques présents dans certaines eaux dures peuvent troubler la solution ou marquer le papier de taches claires. Une eau pure garantit une réaction propre et un fond bleu régulier.
L'eau distillée se trouve en grande surface au rayon repassage, en magasin de bricolage ou en pharmacie, pour un prix dérisoire. Le rinçage final, lui, tolère bien l'eau du robinet dans la plupart des régions, l'exigence de pureté concerne surtout la préparation des solutions.
Les contenants et l'enducteur
Autour des sels, quelques accessoires complètent l'inventaire. Il faut d'abord de quoi conserver les deux solutions, deux flacons opaques ou teintés, en verre ambré ou en plastique sombre, car la lumière dégrade lentement le citrate ferrique. Un récipient neutre, verre ou plastique, sert ensuite à mélanger les deux solutions à parts égales au moment de l'emploi.
Pour étaler la solution sensible sur le papier, le plus courant est un pinceau large à poils doux, sans virole métallique de préférence, car le métal peut réagir avec les sels de fer. Une tige de verre ou un applicateur en mousse conviennent aussi pour une couche très régulière. Beaucoup d'ateliers réservent un pinceau à cet usage unique afin d'éviter toute contamination.
Le dosage demande enfin un peu de précision. Deux pipettes graduées, une par solution pour ne pas les mélanger, suffisent à prélever des volumes égaux. Une balance de cuisine précise au gramme rend service si vous partez de la poudre pure et préparez vos solutions vous-même.
Pour réunir les contenants et les accessoires :
- Deux flacons opaques ou teintés pour conserver les solutions séparées.
- Un récipient en verre ou en plastique pour le mélange.
- Un pinceau doux sans virole métallique, une tige de verre ou un applicateur en mousse.
- Deux pipettes graduées, une par solution.
- Une balance précise au gramme si vous préparez les solutions à partir des sels purs.
Où acheter les produits du cyanotype
Les deux sels de fer ne se trouvent pas en grande surface, mais plusieurs filières les proposent. Les fournisseurs de produits chimiques et de laboratoire les vendent au poids, souvent en conditionnements pensés pour un usage professionnel, plus grands que le besoin d'un débutant.
Les boutiques de photographie alternative et de beaux-arts spécialisées proposent des conditionnements adaptés à la pratique artistique, parfois avec une notice. La vente en ligne reste la voie la plus simple pour réunir les deux sels d'un coup.
L'achat séparé convient à qui veut maîtriser ses quantités et renouveler un seul réactif au fil du temps. Il suppose en revanche de doser soi-même, de se procurer les contenants et de vérifier la qualité des poudres. C'est un terrain que connaissent les pratiquants installés, moins évident pour un premier tirage.
Pour une première mise en pratique, partir d'un ensemble déjà réuni simplifie les choses.
Le kit cyanotype Stenoflex rassemble le ferricyanure de potassium et le citrate d'ammonium ferrique, dix feuilles de papier aquarelle, deux pipettes de dosage et une notice. On évite ainsi la recherche réactif par réactif et le calcul des proportions de départ.
Quel que soit le mode d'achat, le matériel chimique n'est qu'une moitié de l'équation. Le support compte tout autant, et le choix du papier pour cyanotype mérite la même attention que celui des sels.
Une fois les produits en main, la recette du cyanotype reprend le dosage, le mélange et l'enduction pas à pas. Ces mêmes produits servent à sensibiliser un tissu de coton ou de lin, la chimie restant identique sur textile.
Eric Marais — Photographe, auteur de deux ouvrages sur le sténopé (éditions Pearson) et créateur du Sténoflex. Il anime depuis l'origine des ateliers d'initiation à la photographie alternative, du sténopé au cyanotype.


