Pour un cyanotype sur papier aquarelle, un papier d’étude en cellulose suffit pour apprendre. Le pur coton offre une surface plus régulière et une meilleure tenue dans le temps : réservez-le aux tirages que vous souhaitez encadrer, offrir ou conserver. Comparez ensuite le grammage sur l’étiquette et retenez au moins 250 grammes. Le grain satiné convient aux négatifs détaillés, le grain torchon aux photogrammes texturés.
Le papier aquarelle s'est imposé comme le support de référence du cyanotype, parce qu'il traverse le long rinçage final là où la plupart des papiers se défont. Mais tous les papiers aquarelle ne se valent pas, et la première distinction tient à leur fibre, la cellulose tirée du bois ou le coton.
La comparaison porte ici sur les papiers aquarelle en cellulose et en pur coton : ce que leur fibre change dans le rendu, la tenue dans le temps et le choix d’un papier d’étude ou d’un papier pour un tirage à garder. Le guide complet du cyanotype en pose les bases.
Cellulose et coton au passage dans l'eau
Le cyanotype mouille la feuille en profondeur. On l'enduit de la solution des deux sels de fer, on l'insole, puis on la rince longuement à l'eau claire pour évacuer le fer qui n'a pas réagi. Ce qui permet au papier aquarelle de tenir, c'est son encollage, un agent qui freine l'absorption et garde la feuille cohérente une fois détrempée.
Sur cette base commune, la fibre fait la différence. Les papiers d'étude sont en cellulose et conviennent au cyanotype dès lors que le grammage suit. Les papiers dits de chiffon, ou pur coton, sont faits de fibres de coton longues et stables, plus régulières à l'enduction, ce qui rend leur surface plus homogène une fois le tirage rincé et sec.

Un essai sur une chute permet d’observer la tenue du papier au passage dans l’eau.
Ce que le pur coton apporte au bleu
Le pur coton donne souvent des bleus plus riches et une surface plus égale, qui se voit dans les aplats comme dans la finesse des détails. C'est la matière des beaux papiers aquarelle, et elle vieillit mieux, ce qui compte pour une image que l'on veut garder.
La différence porte surtout sur la régularité de la surface et sur la tenue dans le temps. La formation du bleu, elle, dépend de la chimie et de l'insolation, pas de la fibre, si bien qu'un papier de cellulose bien choisi donne déjà un cyanotype réussi.
Quand le papier d'étude suffit
Pour apprendre le geste, un papier d'étude en cellulose suffit largement. On y fait ses premiers essais d'enduction et d'insolation, on se trompe sans regret, et l'on comprend le procédé avant d'investir dans un papier plus cher.
On réserve le pur coton aux images auxquelles on tient, celles que l'on veut encadrer ou offrir, et aux tirages de négatifs détaillés où la régularité de la surface se remarque.
Repérer le pur coton et le grammage sur l'étiquette
Sur l'étiquette, on cherche la mention coton ou chiffon, et un grammage d'au moins 250 grammes. Un papier aquarelle de qualité est en général neutre ou faiblement acide, ce qui convient au procédé, et la mention sans acide, facultative, rassure sur la conservation du tirage, car un support trop acide peut faire pâlir le bleu avec le temps.
Au toucher, une feuille ferme qui ne plie pas mollement annonce une bonne tenue au rinçage, tandis qu'un papier fin et souple qui gondole déjà à sec annonce un bleu inégal. Un papier se déforme au rinçage quand il est trop fin ou trop peu encollé : détrempé en profondeur, il gondole et peut se déchirer, d'où l'intérêt d'un papier aquarelle épais.
Le bon papier pour chaque usage
Pour débuter, un papier d'étude en cellulose de bon grammage. Pour les tirages que l'on garde, un pur coton. Le grain se choisit ensuite selon l'image, satiné pour un négatif détaillé, torchon pour un photogramme matiéré.
Le kit de cyanotype en fournit dix feuilles, avec les deux flacons de sels de fer et deux pipettes de dosage, un point de comparaison utile avant de choisir vos propres feuilles. Une fois la feuille choisie, la marche à suivre pour préparer son papier cyanotype détaille l'enduction.
- Pour apprendre : un papier d’étude en cellulose.
- Pour garder, encadrer ou offrir un tirage : un papier pur coton.
- Pour un négatif détaillé : un grain satiné.
- Pour un photogramme matiéré : un grain torchon.
Eric Marais — Photographe, auteur de deux ouvrages sur le sténopé (éditions Pearson) et créateur du Sténoflex. Il anime depuis l'origine des ateliers d'initiation à la photographie alternative, du sténopé au cyanotype.


